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De quoi sera faite l’alimentation de demain ? Comment assurer de la nourriture saine et équilibrée pour tous, alors que nous serons bientôt 8 milliards sur Terre ? Une réflexion sur la manière de nous nourrir à l’avenir est nécessaire. Manger moins de viande et de meilleure qualité pour vivre en meilleure santé. Rendre aux terres agricoles leur fonction première, celle de nourrir en priorité les hommes avant les animaux d’élevage. Manger moins pour manger mieux.

« Rien ne peut être plus bénéfique à la santé ni accroître les chances de survie sur la Terre qu’une évolution vers un régime végétarien. »

Albert Einstein

 

Le végétarisme : une alimentation bien-être

La santé est au centre de nos préoccupations. Notre façon de manger y contribue. Le végétarisme est souvent associé à une alimentation saine, mais fade et triste. Dans notre culture, pour être bon vivant, donc de bonne compagnie, il faudrait être carnivore.

Serait-on forcément ennuyeux quand on mange une pizza quatre fromages, et irrésistible quand on y rajoute une tranche de jambon cru ? Ça laisse songeur…

Le paradoxe de notre alimentation actuelle

Notre alimentation est un choix individuel libre. En dehors de sa fonction biologique, c’est un moment de bonheur et de partage dans notre société. Nous revendiquons une alimentation saine et équilibrée pour notre bien-être, mais elle doit rester synonyme de plaisir.

Pourtant, elle est régulièrement source d’angoisses. Les crises sanitaires régulières (vache folle, listériose, OGM, grippe aviaire, pesticides à outrance, etc.) nous ramènent à la réalité d’une production de nourriture mondiale déconnectée de la nature. Nous nous méfions de tout ce que contient notre assiette, car nous avons perdu le contrôle de ce que nous mangeons. Ce constat est valable pour tout ce que nous consommons. La mondialisation nous a coupés de notre alimentation naturelle.

Pourquoi le végétarisme est-il associé aux carences ?

En supprimant une partie du contenu de notre assiette, nous la déséquilibrons. Il est donc indispensable de changer la composition de nos repas en devenant végétarien.

Changer de régime alimentaire implique une nouvelle façon de cuisiner. Arrêter de manger certains aliments nécessite de les remplacer par d’autres, afin de maintenir l’équilibre nutritionnel.

Les protéines végétales, par exemple, sont aussi complètes que les protéines animales. Les 8 acides aminés essentiels (qui ne sont pas fabriqués par notre corps) s’y trouvent en proportion adéquate.

Les diététiciens recommandaient, il y a encore quelques années, d’associer dans le même repas céréales et légumineuses pour obtenir des protéines parfaitement complètes. Il est maintenant prouvé que notre corps fait parfaitement son travail, et que cette complémentarité est inutile.

Un régime omnivore a tout autant besoin de variété qu’un régime végétarien ou végétalien. Le corps a des besoins nutritionnels, à nous de les satisfaire.

Le végétarisme : une alimentation durable et responsable

Les légumineuses, longtemps boudées dans nos assiettes omnivores, doivent y retrouver leur place. L’augmentation de leur consommation les replacera au cœur de notre agriculture. C’est le gage d’une transition alimentaire et agricole plus respectueuse de notre environnement. Leur culture permet d’améliorer la qualité des sols et de maintenir la biodiversité. Elles sont également une excellente alternative au soja pour l’alimentation animale et permettent de limiter la déforestation.

Les légumineuses sont une excellente source de protéines. Elles contiennent les fibres (trop rare dans notre alimentation) qui procurent un sentiment de satiété et améliorent le transit intestinal. Elles ont un indice glycémique faible, mais sont source d’énergie. Elles contiennent des vitamines et des minéraux comme le magnésium, le fer, le calcium et le sélénium (antioxydant).

Les légumes secs sont aussi bon marché et se conservent longtemps. Autant d’arguments pour ces aliments permettant d’améliorer la santé des hommes et des sols. Ils sont une des clés pour une alimentation durable et responsable.

Ouvrons les yeux sur l’élevage industriel

Est-il nécessaire de revenir sur les problèmes liés à l’élevage intensif ? Un petit rappel ne peut pas faire de mal.

Le but de l’élevage industriel est d’obtenir un maximum de rendement par tous les moyens. L’animal est devenu un produit. On assiste à des manipulations génétiques pour obtenir le produit le plus rentable possible.

2,5 kg à 10 kg de protéines végétales sont nécessaires pour produire 1 kg de protéines animales.

La contribution de l’élevage au changement climatique est de 14,5 % au niveau mondial (FAO, 2013).

Un Européen consomme 61 kg de soja par an de façon indirecte par sa consommation de viande, d’œufs et de produits laitiers. Ce soja est majoritairement importé d’Amérique du Sud et contribue fortement à la déforestation.

Les systèmes d’élevage intensif impliquent des locaux avec un espace réduit pour les animaux, leur permettant tout juste de grossir, mais pas de se mouvoir.

En augmentant notre consommation de protéines végétales, afin de manger moins de viande, voire plus du tout, nous contribuons à un retour vers un écosystème viable sur le long terme. Et nous prenons en compte le bien-être des animaux.

Choisissons de manger local et de saison

Manger local et de saison, c’est reprendre contact avec la nature qui nous entoure. Retrouver la fraîcheur et le goût des aliments de notre région.

Dans le monde actuel, favoriser un retour à l’autonomie alimentaire ne peut être que du bon sens.  

En mangeant des produits locaux et de saison, nous participons à la réduction de la pollution liée aux transports aériens, maritimes et routiers. Les produits frais locaux contiennent souvent moins de conservateurs chimiques, que ceux venant de loin. Et ils conservent toute leur saveur.

Il est maintenant de plus en plus facile de trouver un approvisionnement sans intermédiaires, directement à la ferme. Que ce soit pour les légumes, le lait, les œufs ou la viande.

La distribution de panier de légumes se démocratise de plus en plus, même en ville.

On peut aussi cultiver un petit bout de potager pour renouer le contact avec ce que l’on mange. Et quand on n’a pas de jardin chez soi, on peut participer à un jardin collectif dans notre région. En ville, le microjardinage se développe de plus en plus.

Être végétarien ou flexitarien : faut-il choisir son camp ?

Le monde est en changement permanent. Notre planète est recouverte de paysages très contrastés. Militer pour la biodiversité, la mixité des cultures, le respect des hommes, de tous les êtres vivants et de la nature qui nous entoure, ne saurait passer par l’instauration d’une seule et unique manière de se nourrir. À chacun de se questionner et de choisir ce qui lui convient le mieux.

Pourquoi doit-on justifier notre choix alimentaire ?

Quand on fait un choix qui sort de l’ordinaire, il nous est toujours demandé de nous justifier.

Que ce soit un changement d’alimentation, ou de tout ce qui touche notre mode de vie habituel.

Le changement fait peur, mais il pousse les gens à s’interroger. Il éveille la curiosité de notre entourage, même si ce n’est pas toujours bienveillant. Alors, ne vous laissez pas déstabiliser. Acceptez de faire des choix qui sortent de la norme et soyez vous-même ! Il existe des milliards de manières d’être et de vivre différentes. Le vrai problème est de vouloir ressembler à tout le monde et de devenir un simple numéro parmi tant d’autres.

Le végétarien est-il une menace ?

Le végétarisme est un choix de vie difficile à garder pour soi. La gastronomie tient une place de choix dans la culture française et dans les cultures en général. Le repas est un moment convivial par excellence, et il est important de faire honneur à la table. D’où la difficulté de refuser de manger ce qui nous est proposé.

Les omnivores se mettent parfois sur la défensive et se moquent de notre « régime ». Ils essaient de nous prouver que notre choix est absurde.

Le problème est que nous touchons à des valeurs morales avec ce choix. Nos amis peuvent ressentir par notre comportement une condamnation implicite. Même si nous nous gardons bien de faire du prosélytisme.

Dans l’esprit collectif, manger de la viande ramène à la virilité et à la force, alors que le souci du bien-être animal nous relie au sentimentalisme, au féminin.

Il est plus que nécessaire de nous questionner sur notre mode de vie. La question fondamentale n’est pas de savoir qui a raison, car il n’y a pas de solution universelle.

En 2050, nous devrions être plus de 10 milliards sur Terre d’après l’estimation des Nations Unies. Il semble évident que l’alimentation de demain devra être moins carnée.

Si vous voulez aller plus loin, téléchargez mon guide gratuit « comment devenir végétarien quand on aime la viande ? »